vendredi 11 janvier 2019

La cave - Natasha Preston

Aujourd'hui dans la tête de Kate, on partage la vie de quatre fleurs privées de lumière et de liberté.


Résumé:
Imaginez une maison comme n’importe quelle autre. Dedans, une pièce. Dans cette pièce, une armoire. Derrière cette armoire, une porte. Au-delà de cette porte, des escaliers. Et en bas, une cave. Une cave où sont séquestrées trois filles, Rose, Iris et Violette, soumises à la folie maniaque et meurtrière d’un homme : Trèfle.
Dans une autre maison, dans une ville où il ne se passe jamais rien, Summer mène une vie parfaitement banale. Elle a des parents, un frère, des copines, un petit ami. Mais un soir, sa route croise celle de Trèfle, et Summer ne rentre pas chez elle. Elle se retrouve enfermée dans une cave en compagnie des autres filles et rebaptisée Lilas. Mais contrairement aux autres filles, elle n’est pas prête à accepter son sort jusqu'à faner et dépérir…

Mon avis:
Une jeune fille kidnappée qui se retrouve dans une cave pour une durée indéterminée. Cela ressemble à un triste fait-divers. Avec ce genre de récit, de toute évidence inspiré par les témoignages de victimes de séquestrations réelles comme Natasha Kampusch, Michelle Knight et malheureusement bien d'autres encore, on s'attend à du sordide, de la violence, de l'horreur.

Summer est une adolescente de 16 ans comme les autres. Elle a deux parents aimants, un grand frère avec lequel elle se chamaille souvent, des copines, et un petit copain depuis un peu plus d'un an.
Un soir elle croise la route de Trèfle, un homme déséquilibré qui cherche à créer sa famille idéale: 4 femmes pour lui seul.
Il a aménagé le sous-sol de sa maison en appartement cosy et chaleureux, pour y enfermer ses "filles" et les entretenir.
Summer est la dernière arrivée. Désormais, elle sera Lilas, et devra vivre avec Rose, Iris et Violette en suivant les règles de Trèfle.

Trois points de vue racontent la mésaventure de Summer: celui de Summer, celui de Lewis, et celui de Trèfle.
Le récit de Summer nous plonge directement dans le quotidien des victimes. Il est poignant, parfois effrayant, mais le plus souvent aussi ennuyeux que les journées des filles dans le sous-sol.
Le récit de Trèfle est un peu plus intéressant car il tente de nous faire comprendre les motivations du prédateur, mais il reste encore beaucoup de zones d'ombre.
Le récit de Lewis, pour finir, est relativement creux. Il est le petit ami dévoué qui cherche sans relâche sa chérie en culpabilisant, agissant souvent par pulsion au lieu de réfléchir, bien que ses intuitions soient bonnes.
Tout cela est très loin du suspense et du rythme de La maison de poupées de M.J. Arlidge.
Ici les attentes du lecteur reposent uniquement sur le devenir de Summer. Sera-t-elle retrouvée ? Morte ou vive ?
L'histoire tient mieux la route que celle de Cat Clarke dans son Perdue et retrouvée, mais manque de la profondeur et de la psychologie de Séquestrée de Chevy Stevens.

En bref, j'ai passé un bon moment de lecture, mais je n'en garderai pas un souvenir mémorable.

dimanche 6 janvier 2019

Six mois à tuer - Enzo Bartoli

Aujourd'hui dans la tête de Kate, on assiste à la naissance d'un serial killer dont les jours sont comptés.


Résumé:
Lorsque le Professeur Lazreg, éminent cancérologue, annonce à Régis Gaudin que la tumeur qui le ronge ne lui laisse plus que six mois à vivre, ce dernier reçoit la nouvelle avec une indifférence qui frise la bravade. Pourtant, le détachement dont il fait preuve est bien réel. Enfant surdoué, thésard à 19 ans et brillant astrophysicien, Régis Gaudin est un véritable asocial qui vit reclus dans son bel appartement parisien, avec pour seule distraction les jeux télévisés.

Sa rencontre avec Chloé Schneider va chambouler son existence routinière. Chloé est séduisante et pleine d’esprit, mais elle est surtout porteuse d’une proposition incongrue pour mettre à profit les six derniers mois de Régis…

Caustique, grinçant, avec une pointe d’humour noir, Six mois à tuer est le récit glaçant de la naissance d’un tueur en série, un tueur d’autant plus redoutable que sa meilleure arme est sa banalité.

Mon avis :
Régis est fichu. Son cancérologue est formel et ne lui donne pas plus de six mois à vivre. Six longs mois à tuer, en s'abrutissant devant des émissions idiotes à la télévision et en buvant de la 1664 ? Ou alors six courts mois à tuer des gens de la pire espèce ? Voici le choix cornélien que lui présente Chloé, une jeune femme dynamique et déterminée au charme envoûtant.
Régis l'astrophysicien asocial se laisse convaincre et très vite se découvre un certain talent de tueur à gages.

Quelle idée géniale que de transformer une personne condamnée en assassin sur commande ! Enzo Bartoli y a pensé et son choix s'est porté sur le pauvre Régis.
La vie du génie étant insipide, cette expérience sera une aventure extraordinaire avant de mourir. Tels sont les arguments avancés par Chloé, et Régis accepte plutôt facilement.

Les victimes sont de toute manière odieuses. Mais les crimes qui leur sont reprochés sont assez clichés donc navrants : Un politicien xénophobe et homophobe, une maquerelle, un directeur d'école pédophile, etc ...

Le mode opératoire en revanche est intéressant à suivre, car parfois plannifié avec le plus grand soin, mais d'autres fois totalement improvisé sous le coup d'une impulsion.

Quant l'échéance approche, et les regrets que tout s'arrête bientôt (autant pour Régis que pour le lecteur bien que je ne parle pas du même genre d'épilogue), Enzo Bartoli nous fait tomber de très haut ! Je ne l'avais pas vu venir ! Ce petit polar à l'humour noir se déguste tranquillement jusqu'à l'explosion de saveurs finale. Bien joué.

samedi 5 janvier 2019

L'autre moi - Sam Carda

Aujourd'hui dans la tête de Kate, je découvre l'esprit tordu de Sam Carda, et j'ai adoré !


Résumé:
Nous avons tous en nous une part d’ombre.
On tente souvent de la dissimuler, mais quand elle fait surface, elle peut être dévastatrice.
Je m’appelle Sam Carda et je suis un écrivain célèbre. Mon dernier roman m’a propulsé en haut du podium.
Ma tête est placardée sur les murs de toutes les librairies. Mon œuvre a même été adaptée à la télévision.
Tout va bien.
Mais rien ne va en moi.
Je n’ai plus d’inspiration. Et ce n’est pas le pire. Je crois que je perds pied.
Je dois vous dire un secret… Le personnage principal de mon roman est vivant. Oui, je l’ai croisé en chair et en os. Il m’a parlé ! Il m’a menacé ! Il veut me faire payer toutes les souffrances que je lui ai infligées. Vous allez me prendre pour un fou et me dire que je n’arrive plus à distinguer la réalité de la fiction. Et vous aurez peut-être raison.
Pourtant, tout au fond de moi, je sens que je ne suis pas dément.
Et s’il s’agissait d’un complot ? Je vais tout faire pour le prouver…

Mon avis:
Avec un pitch aussi génial, je m'attendais à du lourd, et ça tombe bien, car ce roman est magistral ! 
Je ne suis absolument pas déçue. Sam Carda a su m'embrouiller l'esprit aussi adroitement que Franck Thilliez et son Puzzle !

Cette histoire rocambolesque vous mène par le bout du nez, vous torture les méninges, et vous en redemandez ! Impossible d'abandonner la lecture avant d'avoir eu toutes les révélations ! 
Sam Carda vous balade jusqu'à la dernière ligne. C'est génial ! 

Tous les ingrédients que je chéris sont réunis: du suspense jusqu'à l'apnée, un rythme palpitant, des personnages certes pas spécialement attachants, mais tous très énigmatiques, et une histoire particulièrement capillotractée qui vous rend cinglé !
J'ai vraiment adoré ma première lecture de cet auteur brillant.

Pour revenir sur le résumé de la quatrième de couverture, Sam Carda n'est pas vraiment victime du syndrome de la page blanche comme l'ennuyeux Marcus de Joël Dicker. L'auteur ne gaspille pas notre temps et son énergie à parler du manque d'inspiration de son personnage pendant la moitié du roman. 
En fait, Sam a d'autres préoccupations que d'écrire la suite de Secrets Mortels, car il a discuté avec son héroïne en chair et en os. Enora est déterminée à se venger des souffrances que Sam lui a infligées dans son roman, et le harcèle sans ménagement. 

Sam est-il simplement victime d'hallucinations liées à la pression médiatique et au surmenage ? ou alors s'agit-il d'un complot machiavélique pour nuire à sa réputation et à sa santé mentale par la même occasion ? 
Heureusement qu'il peut compter sur son éditrice Ava pour l'aider à faire le tri entre réalité et fiction, et aussi sur Magali, sa première fan. A moins qu'elles aussi aient de mauvaises intentions ... Sam peut-il seulement faire confiance à quelqu'un pour le sortir de ce bourbier ? 
Lisez vite L'autre moi pour découvrir toute la vérité ;-)

mercredi 2 janvier 2019

Un chat, c'est bien... une licorne c'est mieux ! - Claude Combacau

Aujourd'hui dans la tête de Kate, on se documente sur les NNAC (Nouveaux Nouveaux Animaux de Compagnie)


Résumé:
L'étude qui met enfin les chats et les chiens au placard : adoptez une licorne !
Les chats, les chiens, les hamsters, c'est bien ! Mais, franchement, un dragon, une licorne, une loutre ou un hippogriffe, c'est mieux, non ? Un guide complet et très documenté sur ces animaux dont on ne parle pas assez, mais qui pourtant peuplent l'univers du Geek qui sommeille en nous.
Esprit WTF, tests, graphiques, quiz, pourcentages, tout pour choisir l'animal de compagnie geek qui nous correspond !

Mon avis:
Merci à l'opération Masse Critique et aux éditions 4D4 pour l'envoi de ce livre complètement barré, qui se présente comme un magazine, avec des conseils, des tests psycho, des témoignages, des recettes de cuisine, les questions des lecteurs, etc ...

Tout est délicieusement loufoque, mais j'enlève une petite étoile à cause du langage parfois fleuri.
Le mythe de la gentille et douce Licorne est enfin cassé, tandis que les qualités du Rat-Taupe-Nu sont mises à l'honneur.

Finalement la Loutre ou l'Elfe de maison semblent les plus adaptés à mon caractère et mon environnement familial, même si le test final m'indique sans appel : "Ne prenez aucun animal. Jamais. Et restez chez vous jusqu'à ce que mort s'en suive." Oups ! Charmant ... lol

samedi 29 décembre 2018

Le Mystère de Pitch Pine Lane - Josh Lanyon

Aujourd'hui dans la tête de Kate, une femme du passé demande réparations.


Résumé:
Encore affligé par la mort subite de son amant, Flynn Ambrose, antiquaire de son état, emménage dans la vieille demeure délabrée de Pitch Pine Lane pour inventorier et revendre l’énorme collection d’objets ésotériques et excentriques qui remplissaient jadis l’étrange musée de son défunt oncle.
Mais il est des artefacts qui ne peuvent être aisément étiquetés... et dont il est encore plus difficile de se débarrasser.

Mon avis:
J'avais bien aimé Le fantôme aux chaussettes jaunes, mais là je dois avouer que je suis déçue.
Pour commencer, j'ai d'abord cru m'être trompée et relire le précédent livre:
Une maison isolée et vétuste, un jeune homme seul et paumé qui partage les lieux avec un ex Ranger bougon ... Gros sentiment de déjà vu...

Mais ensuite, à part trois ou quatre apparitions fantomatiques dans un miroir, il ne se passe rien.
Les dialogues sont insipides et les vannes aussi prévisibles que l'évolution de la relation entre les deux personnages.
Certes il y a une ambiance sinistre, un suspense qui attise la curiosité, et un rythme entraînant pendant les 250 maigres pages, mais les révélations finales sont bâclées et trop vite balancées selon moi.

J'attendais tellement plus ! Je m'étais habituée à mieux. Pas de "Wahou" ! Uniquement un "tout ca pour ça ?!"
J'ai un vrai goût d'inachevé.

samedi 22 décembre 2018

Les Chutes - Joyce Carol Oates

Aujourd'hui dans la tête de Kate, on se laisse hypnotiser par les célèbres chutes du Niagara.


Résumé:
Veuve au matin d'une nuit de noces hallucinante, lorsque son époux, un jeune pasteur, se suicide en se jetant dans les Chutes du Niagara, Ariah Littrell se considère désormais comme vouée au malheur.
Pourtant, au cours de sa semaine de veillle au bord de l'abîme, en attendant qu'on retrouve le corps de son mari d'un jour, La Veuve blanche des Chutes (ainsi que la presse l'a surnommée avant d'en faire une légende) attire l'attention de Dirk Burnaby, un brillant avocat au cœur tendre, fasciné par cette jeune femme étrange.
Une passion improbable et néanmoins absolue lie très vite ce couple qui va connaître dix ans d'un bonheur total avant que la malédiction des Chutes s'abatte de nouveau sur la famille.
Désamour, trahison, meurtre ? C'est aux enfants Burnaby qu'il reviendra de découvrir les secrets de la tragédie qui a détruit la vie de leurs parents.
Une quête qui les obligera à affronter non seulement leur histoire personnelle mais aussi un sombre épisode du passé de l'Amérique: les ravages infligés à toute une région par l'expansion industrielle gigantesque des années 50 et 60, expansion nourrie par la cupidité et la corruption des pouvoirs en place.
Un roman aussi beau et tumultueux que ces Chutes au charme maléfique.

Mon avis:
Soulagée. Libérée de ce livre lourd, long, et pénible.
Je ne partage absolument pas le point de vue de la majorité des lecteurs.
On ne plonge pas du tout dans la profondeur de l'âme humaine, non, car toutes les femmes ne sont pas névrosées, de maternité douteuse, acariâtres et méprisantes.
On est simplement entraîné dans la chute d'Ariah. C'est dans la noirceur de son âme à elle que l'on pénètre, et cela ne m'a pas du tout touchée.

Difficile de prononcer un diagnostic quand ce n'est pas son métier, mais il me semble que d'après mes maigres connaissances, Ariah est une femme bipolaire (ou maniaco-dépressive). Elle n'est pas digne, mystérieuse, excentrique ou pudique. Il lui manque juste une case (voire plusieurs). Elle sait passer de l'euphorie totale à la déprime profonde et au mépris de tout et tout le monde.
On comprend clairement qu'elle est capable du pire comme du meilleur avec ses enfants. Elle est particulièrement effrayante et absolument pas attachante.

Le seul personnage intéressant est Dirk Burnaby, et le dossier de sa vie, le fameux "love canal".
Leurs trois enfants n'ont attiré mon attention qu'à partir de la cérémonie en hommage à leur père (soit l'épilogue). On les sent enfin soulagés d'un poids. Ils vont enfin pouvoir commencer à vivre leur vie, au lieu de survivre dans la bulle malsaine d'Ariah la damnée (comme elle le dit elle-même). 
Ariah est un poison mortel aussi insidieux que celui fabriqué dans les usines chimiques des Chutes du Niagara.
En conclusion, j'ai trouvé cette lecture particulièrement désagréable, et je l'ai vécue comme une réelle perte de temps. Je ne peux pas parler du style de l'auteur car vu le contexte, je n'ai pas approfondi mon analyse. J'ai simplement hâte de passer à autre chose et d'oublier cette histoire qui n'en est pas vraiment une. 

Résumé détaillé : NE PAS LIRE SI VOUS COMPTEZ LIRE CE LIVRE ! 
C'est l'histoire d'une jeune femme physiquement fade dont on arrange le mariage à un jeune pasteur qui n'a pas fait son comin-out. Il se suicide au matin de sa nuit de noces, en se précipitant dans les Chutes du Niagara, sans doute car il n'assume pas. 
La jeune veuve, apathique, patiente pendant sept jours qu'on remonte le cadavre de son mari. Pendant cette "veille", pour on-ne-sait-quelle-raison, Dirk Burnaby, avocat respecté et riche, s'entiche d'elle, au point de la demander en mariage trois mois plus tard contre l'avis de tous.
Pendant 10 ans de mariage ils semblent être heureux en couple, bien qu'Ariah soit déjà bizarre. Apparemment quand elle boit de l'alcool elle est flippante et violente, on ne sait pas trop. L'auteure reste vague.
Ariah est enceinte au moment de son deuxième mariage, et ignore donc qui est le père biologique de son enfant, mais elle refuse de le savoir. Elle va élever son fils aîné dans une sorte de dualité amour/haine à cause de ce doute persistant sur sa conception. 
Ensuite elle fait un caprice pour avoir un autre enfant, et c'est encore un fils, qu'elle qualifie elle-même de légitime. Elle le couve comme le St Graal. C'st clairement son préféré, et elle néglige totalement Chandler son aîné. Mais elle semble cette fois à la limite du burn-out quand elle encourage par exemple l'aîné à se promener seul en poussette avec le cadet au bord des Chutes ... 
Puis Ariah réclame cette fois une fille à son mari dévoué et travailleur, et elle l'obtient ! C'est le nouvel objet de son affection, tout du moins jusqu'à ce que la gamine atteigne l'adolescence.
Pendant tout ce temps on ne parle déjà plus d'amour entre les Burnaby. Dirk revient au centre de l'histoire quand il se dévoue corps et âme dans l'affaire du Love Canal. Des familles entières touchées par des affections diverses liées aux produits chimiques fabriqués et rejetés par les usines chimiques qui bordent les Chutes. Ce dossier attire des ennemis à Dirk, au point qu'il soit assassiné (officiellement c'est un accident). Mais il a passé tant de temps à travailler dessus (18 mois environ) que ce temps-là n'a pas été consacré à sa femme cinglée et à leurs enfants, donc au lieu de pleurer et faire son deuil, Ariah décide d'effacer Dirk de sa mémoire et de celle de ses enfants.
S'en suivent 16 longues années pendant lesquelles ils vivent une vie de m**** sans intérêt, entourée de tabous dans tous les domaines ou presque (mort de Dirk, actualités, sexe, argent, ...)
Heureusement les fils se posent enfin des questions sur la mort de leur père, pendant que la petite soeur semble schizophrène (elle entend des voix et tente de se jeter dans les Chutes). Les garçons quittent la maison familiale et une partie de l'emprise puante et malsaine de leur mère. Le voile se lève enfin devant leurs yeux, et on arrive au dénouement, avec la cérémonie en hommage à Dirk Burnaby. FIN
Vous voyez comme c'est pourri ????


jeudi 29 novembre 2018

Le Ferry - Mats Strandberg

Aujourd'hui dans la tête de Kate, on sombre dans un bain de sang à bord du Baltic Charisma, mais certains rats vont peut-être quitter le navire à temps.



Résumé:
Ce soir, mille deux cents passagers se réjouissent de faire la traversée maritime entre la Suède et la Finlande, à bord du ferry luxueux qui les emporte sur la mer Baltique. L’espace de vingt-quatre heures, ils abandonnent derrière eux leur vie quotidienne et se laissent aller à être quelqu’un d’autre.
Mais le mal rôde à bord. Et au cœur de la nuit, au milieu de la Baltique, il n’y a pas d’échappatoire possible. Surtout quand tout contact avec la terre ferme est mystérieusement coupé…
Si face à l’adversité certains se comportent en héros, cette nuit fatidique fait parfois surgir le pire chez d’autres – et à mesure que les disparitions inexplicables s’enchaînent, il devient vital que le ferry n’arrive jamais à destination…
Bienvenue à bord du Baltic Charisma.

Mon avis:
J'ai étalé ma lecture sur de longues semaines, tant l'histoire était plate.
Certains comparent l'auteur à Stephen King, d'autres, outrés, rejettent totalement cette idée.
Moi qui ne suis pas spécialement fan du "Maître de l'horreur" car je trouve que les pages de ses romans sont noircies de détails inutiles et redondants, je ne peux que voir en Mats un digne héritier, mais l'analogie s'arrête là.

Les passagers du ferry sont vulgaires, débauchés et même totalement désinhibés. On dirait une croisière organisée uniquement pour vivre ses vices. D'ailleurs, une salle de BDSM à la place du Spa ne m'aurait même pas choquée quand on voit que les Night Clubs sont presque des baisodromes.

A part Calle, Vincent, Albin et Pia, on n'a pas envie de connaître les histoires personnelles de ces tristes passagers sans intérêt. On espère juste les voir disparaître au fond de l'eau avec le ferry, et on n'éprouve aucune empathie pour eux.
Puis soudain en Enfer les vampires débarquent et l'orgie nauséabonde devient bain de sang.

Là je me suis vraiment perdue tant j'ai trouvé l'histoire idiote. Je n'aime pas les récits de vampires car tous les scénarios ont déjà été écrits, et aucun n'excelle Dracula. Même dans Twilight il y a au moins une petite romance niaise, mais dans le Ferry, même le couple gay ne va pas jusqu'aux fiançailles.

Si Mats a souhaité faire une satyre de notre société superficielle et immorale, en montrant qu'avec des comportements déviants et égoïstes on ne peut que mener l'humanité à sa perte, cela ne me touche pas davantage car heureusement, le monde entier n'est pas empli de fêtards inconscients.

Je n'ai rien noté de remarquable dans ce roman où le style d'écriture est fouillis. Je ne recommande pas cette lecture.

mercredi 21 novembre 2018

Fandom - Anna Day

Aujourd'hui dans la tête de Kate, on ne sait pas si on est dans un univers parallèle ou dans un coma profondément onirique.


Résumé:
Aucune histoire ne mérite qu’on meure pour elle…
Imaginez que vous puissiez vous glisser dans la peau de votre héroïne préférée… Katniss, par exemple ! Le rêve, non ? Du moins, jusqu’à ce que vous vous rendiez compte que vous êtes incapable de tirer à l’arc ou de grimper aux arbres, et que vous n’avez pas le moindre instinct de survie. Mais pas de panique, vous pouvez toujours choisir de retourner à votre petite vie tranquille de fan, dans le monde réel. Ce qui n’est malheureusement pas le cas de Violet, coincée dans son roman favori...

Mon avis:
Ayant un penchant particulier pour les dystopies, je fus ravie qu'on me propose Fandom et je remercie Masse Critique et les éditions PKJ.
Contrairement à Violet, je n'ai jamais souhaité vivre dans l'univers de Divergente ou de Hunger Games ou encore du Labyrinthe, mais à l'instar de Violet j'admire les jeunes héroïnes rebelles et courageuses de ces romans pour adolescents.
Bref, pas de bol pour Violet, elle se retrouve prise au piège de son roman dystopique préféré, et essaye de coller un maximum à l'oeuvre originale en espérant revenir dans sa réalité. Heureusement elle n'est pas seule dans cette galère: ses deux meilleures amies et son frère sont coincés également et disposés à l'aider ... ou pas.
Après lecture de ce roman je dois avouer que je n'ai pas franchement aimé l'histoire. 
Elle ressemble beaucoup à Hunger Games quand on compare les Ingas colorés et superficiels aux habitants du Capitole d'un côté, et les Impas misérables aux habitants des districts. On voit d'où l'auteure tire son inspiration, et du coup il n'y a aucune originalité. 
L'histoire suit son fil d'une manière ordinaire, avec quelques péripéties et rebondissements, des trahisons et des amourettes, mais le pire est que la fin est absurde. Quand la fiction rejoint la "réalité", cela n'a pas de sens. Je pense qu'une simple hallucination collective m'aurait comblée, mais là je suis larguée.
Fandom nous embarque dans une drôle d'aventure qui aurait pu être géniale si le roman dont l'héroïne est fan avait été mieux construit et plus intéressant.
Anna Day aurait sans doute mieux fait d'écrire d'abord sa dystopie, puis d'en faire une suite de pure science-fiction où des fans se seraient retrouvés coincés à l'intérieur. Cette idée-là aurait vraiment été du tonnerre ! (et d'un point de vue commercial je ne vous raconte même pas le succès)
Du côté des personnages, j'ai beaucoup aimé Violet. Elle se découvre déterminée et courageuse plus son épopée progresse, et sa relation avec son frère est très touchante. C'est également une amie loyale et généreuse, une jeune femme empathique et humble. Au top cette petite ! Dans la vie réelle elle vit dans l'ombre d'une Alice superficielle et condescendante, vaniteuse et hautement agaçante. Katie est un petit rat de bibliothèque, la voix de la raison pour Violet, mais elle manque de charisme. Un personnage secondaire de faible utilité. Nate quant à lui, est un personnage super ! Intrépide et fougueux, intelligent et rusé, et beaucoup plus mature que sa soeur et la blonde écervelée Alice.
En conclusion, Fandom est raté, alors qu'en approfondissant davantage et en travaillant plus efficacement, ce roman aurait pu sortir du lot. Dommage ...

samedi 3 novembre 2018

Arlo Finch - Le mystère des Longs Bois - John August

Aujourd'hui dans la tête de Kate, on côtoie de jeunes Rangers au coeur vaillant.



Résumé:
« Je protège la nature
Je défends les plus faibles,
J'éclaire les sentiers,
Et cherche la droiture.
Esprits de la forêt, entendez-moi
Prononcer mon Serment du ranger »

Quand Arlo rejoint les Rangers de Pine Mountain, il n'imagine pas que, dans les mystérieux Longs Bois qui entourent la ville, certaines pistes le mèneront à la magie... et d'autres au danger.


Mon avis:
Grâce à Masse Critique et aux éditions Milan j'ai passé un très bon moment de lecture.
Avant de rédiger ma critique j'ai lu celle publiée en tête du classement Babelio, et c'est vrai, maintenant qu'on me l'a fait remarquer, qu'on peut faire de nombreux parallèles avec la saga Harry Potter. Pour autant, la Potterhead fidèle que je suis n'avait fait aucun rapprochement pendant sa lecture. Donc que cela ne vous freine pas si vous saturez avec HP ou au contraire, ne vous emballez pas en imaginant lire un spin off de votre saga préférée.

Ce que j'ai bien aimé dans cette aventure c'est le côté nature, grand air, et camp de vacances, bien que je ne sois ni scout ni écolo.
Les enfants aiment ces histoires car le cadre présage déjà des évènements qui vont les sortir de leur quotidien urbain et connecté.
Si en plus on ajoute des valeurs comme le courage, la loyauté et la gentillesse, c'est un beau message aux enfants d'aujourd'hui, de plus en plus superficiels et égocentriques.
Enfin, la magie, plutôt dans le sens de "manipulation d'énergies" apporte la parfaite touche de mystère pour nourrir l'intrigue et entretenir la curiosité du lecteur.

Arlo découvre la région où sa mère a grandi. À chaque question qu'il ajoute à sa liste, le lecteur potentiellement perdu reprend le fil. C'est une bonne idée qui permet de s'imprégner de l'univers de Pine Mountain.
L'amitié naît dès les premières pages, ce qui est motivant car on comprend qu'Arlo n'affrontera rien seul. Les animaux imaginés sont intrigants et memê parfois effrayants, et l'ambiance Ranger est stimulante, surtout quand la magie s'en mêle.

A mon humble avis, les aventures d'Arlo Finch sont accessibles dès 9 ans. Pas de mots compliqués, des descriptions simples, une histoire bien construite, et une fin qui donne envie de connaître la suite. Tout est là pour séduire un jeune public. J'ai beaucoup aimé.

dimanche 28 octobre 2018

Miss Peregrine et les enfants particuliers - Tome 3 - La bibliothèque des âmes - Ransom Riggs

Aujourd'hui dans la tête de Kate, après un long voyage de boucle en boucle, l'aventure de Jacob Portman touche à sa fin. A moins que ...


Résumé:

Dans le Londres d'aujourd'hui, Jacob Portman et Emma Bloom se lancent à la recherche de leurs amis enlevés par les Estres. Ils retrouvent leur trace grâce au flair aiguisé d'Addison, l'illustre chien particulier doué de parole. Bientôt, au bord de la Tamise, ils font la connaissance de Sharon, un géant bourru qui, moyennant une pièce d'or, propose de leur faire traverser le fleuve. Ils rejoignent ainsi l'Arpent du Diable, une boucle temporelle à la réputation effroyable où séjournent les particuliers les moins recommandables, où pirates et malfaiteurs commettent leurs forfaits en toute impunité. Jacob et Emma ne se sont pas trompés : l'ennemi a bien établi son QG dans l'Arpent, derrière les murs d'une forteresse imprenable...

Mon avis:
J'ai longtemps tardé avant de me lancer dans cet ultime tome. Je l'ai d'abord commencé en anglais, puis mis de côté, avant qu'on me le propose début septembre en français. Là j'ai patienté encore jusqu'à il y a quelques jours, car s'agissant du dernier tome relatant les aventures des enfants particuliers, j'étais à la fois pressée d'en connaître les moindres détails, et je voulais aussi faire planer le mystère.
Une fois embarquée à bord de la barque de Sharon, je n'ai pas lâché les rames. Rebondissements fracassants, retournements de situations inopinés, découvertes incroyables et révélations surprenantes sont au menu de l'imagination gargantuesque de l'auteur.
Il n'y a pas de répit pour Jacob, Emma et Addison, alors il en est de même pour le lecteur qui se retrouve souvent à bout de souffle.
Le pouvoir de Jacob est encore plus puissant dans cette ultime aventure, mais pourtant notre héros n'a pas gagné en arrogance, manquant toujours régulièrement de confiance en lui. Ce qui ne lui fait pas défaut en revanche, c'est une fois de plus son grand courage, car il veut absolument tenir la promesse qu'il a faite à Miss Peregrine.
La fin du livre laisse quelques questions en suspens, notamment à propos de Fiona, des parents de Jacob, de l'avenir de tous les particuliers. Mais cela n'est vraiment pas dérangeant selon moi, car notre imagination a été bien nourrie par l'auteur.